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16/07/2015

BIZE-Minervois

En France, quand on ne connait pas l'origine d'un nom, on s'empresse de lui trouver une origine romaine. Ainsi Bize aurait été fondé par un certain Marcellus Bisanus, légionnaire romain qui serait venu y poser ses valises... Bis-anus que je me garderai bien d'écrire en deux mots, ce qui en ferait un  "double ...". Cette blague de potache n'étant absolument pas indispensable a ma démonstration, je reprends sérieusement.
Il faut comprendre que les romains, fort minoritaires, avaient autre chose a faire que de modifier tous les noms de lieux, les oronymes comme on dit, caractérisant les rivières et collines, qui permettaient de se repérer, se nourrir, circuler, se protéger, habiter...

D'ailleurs les colons d'Afrique du Nord ou du Grand Nord canadien ont gardé et utilisé avec délectation nombre de toponymes locaux ; Mers el kebir, Tlemcen, Bab el Oued... Sachkatchevan, Chicoutimi... Faisant souvent référence a des accident du relief ou des cours d'eau, parfois a des tribus originelles.

Bize, lieu stratégique, passage étroit de la rivière entre deux collines, le Pech et la barre rocheuse de Boussecos, qui contrôle l'entrée d'une vallée, et l'accès au Saint Ponais, est occupé depuis la nuit des temps.
En attestent l'occupation de la grotte de Bize et l'oppidum millénaire de Mailhac, haut lieu de la route du sel et du cuivre entre celtes et méditerranée.

Or Bize, que l'on orthographiera comme on veut, locuteurs et transcripteurs n'étant pas avare de déformations et de graphies fantaisistes, est une racine très ancienne qui désigne l'eau, une rivière.

Rien d'étonnant, la rivière était la chose la plus intéressante et remarquable quand on devait designer ce lieu ou devaient s'élever des cahutes et un poste de garde qui contrôlait la vallée dans les deux sens, moyennant quelques deniers de l'époque.

Landure, comme on s'en doute, une garrigue infranchissable. La route mortelle qu'utilisent les Tarnais qui écrasent nos chats pour aller se tremper les pieds dans la méditerranée, n'existait pas. Pas plus que celle qui longe la Cesse pour aller à Montouliers et Agel. Le seul chemin carrossable était celui qui traversait Bize par les deux portes comme une grosse perle, passait devant le cimetière qui n'existait pas, puis sous Boussecos, jusqu'au Moulin de Madame, pour rejoindre Agel.

Deux passages a gué existaient probablement, un qu'on devine vusellement après le cimetière dans l'alignement de la route de Montouliers, et un autre plus loin qui permettait de traverser la Cesse en direction d'Assignan et la Rouyère.

Vous avez tous appris les affluents de la Garonne, le Gers, la Save et la... Baïse... ou B(a)ïse...

Les deux rivière squi enserrent les fameux village de Jean Ferrat, Entraigues sur Volane, s'appellent la Volane et la... "Bise".

Plusieurs cours d'eau s'appellent ou contiennent la racine poétique "Bèze" voire "Eze" ou l'Else ("Ilse en Alsace), par allitération de la premier consonne. 

Une autre racine pour nommer les cours d'eau est "vaise" ou "Viese" (d'ou Weser) par glissement ou non discernement entre "v" et "b", très fréquent dans certaines langues (espagnol notamment).

"Vaisse" "Vasse" venant probablement d'une tres ancienne racine indo europeenne "woud" pour designer l'eau. Woda en russe, "Wasser" en allemand, "water" en Anglais, , et curieusement "oued"(rivière) en langue sémitique, proche de ce "woud" qui désigne l'eau.

Ce qui permettrait alors de penser que cette racine "wou" pour designer l'eau est une des plus ancienne de l'humanité, antérieure al diversification des langues.

Tout permet de penser que Bize porte lui même le nom de la rivière qui la traversait avant que les géographes ne la rebaptisent "Cesse" sur la totalité de son parcours.

 

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